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Quand la greffe des pommiers prend au manoir de Kernault

vendredi 9 mars 2012

À Kernault, le pommier est le prince du manoir. Une longue histoire commencée au XVIII e siècle avec la production de pommes et de cidre. Une histoire relancée en 1991 avec la création de deux vergers patrimoniaux puis en 1994 d’un verger expérimental.

Las des pommiers en fin de vie et de la production de cidre à la baisse, le manoir a décidé de relancer les plantations avec un nouveau verger patrimonial inauguré en février.

Un hectare

Vendredi, c’est autour de la greffe que se sont retrouvés les partenaires de l’opération de sauvegarde et conservation des pommes de Bretagne : l’abbaye Saint-Maurice, Avalou Atao de Plougastel, le conservatoire régional des fruitiers de Bretagne, Chemins du patrimoine en Bretagne, les Mordus de la pomme, etc.

Dans le champ d’un hectare, à l’entrée du manoir de Kernault, 144 porte-greffes attendent les greffons qui produiront les fruits. La cinquantaine de hautes tiges d’1,80 m donneront de grands arbres et des pommes, à cidre ou à couteau, dans une dizaine d’années. Et une centaine plus petits, plus vigoureux, permettra une récolte d’ici quatre ans.

« Le but, c’est de garantir une production régulière de pommes et de cidre, explique Pascal Vieu, spécialiste des pommes pour le manoir de Kernault. Le porte-greffe choisi nous permet d’homogénéiser la production. On sait quelle vigueur auront nos pommiers. Cela permet de limiter les écarts et l’entretien est plus facile. Avec les hautes tiges, c’est un peu le verger d’autrefois que nous reconstituons. Les basses tiges, c’est la version plus moderne. »

300 variétés de pommiers en 1905

Les greffons ? Des variétés anciennes issues du terroir local dans un triangle Quimperlé, Moëlan-sur-Mer et Scaër. « En 1905, sur le territoire, on trouvait 300 variétés de pommiers, essentiellement d’origine agricole, reprend Pascal Vieu. Après la réforme agricole d’après-guerre, les vergers ont progressivement disparu au profit de la production de céréales. »

Aujourd’hui, il ne reste plus que 60 à 70 variétés sur le territoire. « D’où la nécessité de les sauvegarder. À terme, ici à Kernault, nous aurons une centaine de variétés différentes. » Des variétés choisies pour leurs caractéristiques dont la principale, la résistance aux maladies. Comme ces pommes anciennes qui, à l’époque, n’étaient pas traitées.

Les allées du verger seront bientôt prêtes pour accueillir le public. Et d’ici quelques années, les cidriers encore en activité pourront venir y dénicher la perle... Mais, d’ici là, il faudra surveiller que la greffe ait pris et attendre que les arbres grandissent...

Source  : Catherine GENTRIC pour Ouest-France

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