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Pommes. Une petite année marquée par la sécheresse

lundi 17 octobre 2016

Quand d’autres régions ont leurs vendanges, le pays de Dinan, lui, démarre doucement la récolte des pommes à cidre. Une récolte moins importante que d’habitude en raison du peu de pluies estivales.


Dinan. Pommes : une petite année marquée par la... par Letelegramme

La récolte des pommes à cidre a commencé dans le bassin de la Rance, le 22 septembre, soit une dizaine de jours plus tard qu’en 2015. Et elle ne risque pas d’atteindre des sommets. Déjà parce que 2016 est une « année moins », où les arbres se reposent, par opposition aux « années plus », de forte production, comme 2015. Ensuite, parce que « l’effet météo », et notamment la sécheresse estivale, impacte fortement les fruits.

Des pommes plus « légères »

« Il y a eu un manque de précipitation en juillet (23 mm), août (28 mm) et septembre (48 mm). Sur les trois mois, on arrive à une moyenne de 33 mm par mois, alors qu’elle était de 78 mm sur les trois mêmes mois de 2015. C’est une sacrée différence. Le sol est asséché, et les pommes n’ont pas grossi comme elles auraient dû le faire », constate Dominique Biche. Le technicien spécialiste de la chambre d’agriculture vient de faire son estimation, au plus près des pommiers, notamment ceux de Jacques Baux, à Taden. « On s’attend à une baisse de 20 % du poids final moyen des pommes par rapport au poids théorique du fruit. Ce sera des pommes légères », prédit le « monsieur pommes » de la chambre d’agriculture. Une variété répandue comme la Marie-Ménard, par exemple, pèsera 48 g contre 60 g habituellement.

Pour un agriculteur qui ne fait que des pommes, comme Jacques Baux, les conséquences sont directes. « Début septembre, en comptant sur des pluies, on pouvait espérer récolter 800 tonnes cette année. Là, on va être à 500 tonnes », s’attend le pomiculteur, dont la ferme, avec 35 ha de vergers adultes, est l’une des trois purement cidricoles du pays de Dinan. Il fait partie des quelque 500 producteurs qui livrent leurs pommes à un cidrier, artisan ou industriel, dans la moitié est des Côtes-d’Armor. Lui a un contrat d’exclusivité avec les Celliers Associés, alias le cidre Val de Rance, basés à Pleudihen-sur-Rance.

Des pommes à récolter ?

À côté des gros producteurs, la multitude des petits vergers familiaux reste un maillon important de la chaîne du cidre. « Cela représente un complément de revenu pour certains, notamment les retraités. Mais les jeunes ont du mal à perpétuer cette tradition. Toutes les semaines, quelqu’un m’appelle pour savoir si je peux venir récolter les pommes chez lui, ce que je ne fais pas ! », remarque Jacques Baux.

« Il y a deux ans, on avait sauvé 300 tonnes dans les campagnes en mettant en lien les gens qui ont des pommes chez eux, même quelques centaines de kilos, et les cidriers qui cherchent des pommes. On renouvelle l’opération cette année », rapporte Dominique Biche, joignable à cet effet (tél. 06.70.16.39.39).

Source : Le Télégramme