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Une "Ramaougerie de Pommé" à Tremblay (35)

jeudi 21 janvier 2010

Qu’est-ce qu’une "Ramaougerie de Pommé" ?

Pendant la dernière guerre 1939-1945, les "Ramaougeries de Pommé" connaissaient un grand succès. Celles-ci se déroulaient de ferme en ferme pendant tout l’hiver. Les gens dansaient autour de la pellée de Pommé, au son de l’accordéoniste local.

Qu’est-ce que le "Pommé" ?

C’est un produit sain et naturel. A l’époque de la guerre, il était utilisé pour remplacer le beurre. Aujourd’hui, il est consommé comme confiture et produit de régime.

Comment prépare-t-on le Pommé ?

Pour réaliser une pellée de Pommé de 100 kg environ, il faut 250 à 300 kg de pommes (pelées, épépinées et coupées en quartiers) ainsi qu’une barrique de cidre doux.

Le cidre doux est mis à chauffer dans une grande pelle en cuivre et porté à ébullition (la chaudière est allumée vers minuit et le feu doit constamment être entretenu). Après une douzaine d’heures à ébullition, on doit verser régulièrement les pommes coupées dans le cidre jusqu’aux environs de 19 heures.

Ensuite, le Pommé cuit jusqu’à minuit - 2 heures du matin. Pendant tout ce temps, il faut ramaouger* à l’aide d’un ribot (long manche en bois pourvu d’une raclette ovale) afin que le Pommé ne colle pas à la pelle. Il n’est jamais ajouté de sucre dans notre Pommé, comme on peut le voir parfois, seul le cidre doux et le choix des pommes permet d’obtenir ce goût sucré si caractéristique.

Le Pommé bien cuit est mis en pot de verre, dès le lendemain et vendu aux visiteurs. Plus de 600 kg sont nécessaires pour satisfaire la clientèle, parmi laquelle nous comptons le Musée de La Bintinais de Rennes.

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Photo prise en 1975 : Madame Beaudry « ramaouge » le pommé en compagnie de Roger Macé.


Témoignage de François Leblanc :

Pour l’historique du Pommé, je rappellerai que c’était en 1974 qu’avait eu lieu la première « pèlée » de pommes chez M. et Mme Guy Sorin à « la Dieuvairie ». Ce Pommé avait été décidé à la suite de discussions qui avaient eu lieu après les messes, dans les cafés, le dimanche matin, par les familles : Barbelette, Berthelot, Bourges, Brégaint, Galodé, Lainé, Launay, Lemoine, Marie, Mérienne, Pelhâte et autres que j’oublie. Ensuite, il fut décidé d’aller voir à Saint Marc-le-Blanc comment cela se passait, puis de trouver un emplacement pour ce genre d’activités. Ce fut dans la ferme de M. et Mme Paul Gavard, à Mézaubin, mise aimablement à la disposition des organisateurs, qu’eut lieu le 1er grand Pommé en janvier 1975, sous la houlette de Mme Bossard (appelée « Mère Pommé ») et de M. Marcel Blanchain, ancien bouilleur de cru. Puis, un groupe de bénévoles organisa la fabrication et la vente de crêpes, de casse-croûtes, de beignets, de boissons à la buvette, du contrôle des entrées, etc…

La sonorisation était assurée par M. l’Abbé Tan, curé doyen à Antrain et l’animation des bals était alternativement faite par Jo Macé et les Jean-Georges de St Ouen la Rouërie : des milliers de personnes se déplaçaient à cette époque-là pour voir fabriquer le Pommé. Puis, un jour, il a fallu quitter « Mézaubin » pour aller à « l’Anais », où il fallait monter un parquet sous tente jusqu’en 1990, depuis cette manifestation a lieu à la salle des fêtes.

Entre temps, des petits Pommés avaient lieu à la « Filière, à la Papillonnais, à Villiaume ou au Trouençon », tous ces petits Pommés nécessitaient beaucoup de dévouement.

C’est ainsi que le Pommé de Tremblay est devenu une vraie fête locale où toute la population participe à son succès".

* Ramaouger : action consistant à passer le ribot au fond de la pelle, afin que le Pommé ne colle pas dans la pelle et soit brûlé.